Centre Délwendé : Ces vieilles qui croulent sous le poids de la tradition (Première partie)


La chasse aux sorcières n’est pas un phénomène nouveau pour le monde. Si les pays occidentaux ont abandonné ces pratiques, voire ces croyances, force est de constater que tel n’est malheureusement pas encore le cas chez nous. Des pauvres femmes sont encore bannies de leur foyer, leur village, accusées de sorcellerie (oui oui, pour de vrai). Nous avons fait un tour au centre Delwendé, un centre qui s’évertue à aider ces femmes marginalisées.

Arrivée au centre, ce sont des femmes pas moins que vous et moi que j’ai vues. Des épouses, des mères, des grand-mères…, bref, tout sauf des « mangeuses d’âmes ». Vêtues d’un pagne noué et d’un haut, un foulard coiffait leur tête sûrement blanchie par l’âge. L’air pensif, elles m’ont paru réticentes au début. Quelques-unes s’égayaient en apprenant que je suis bloggeuse. D’autres sont restées imperturbables : le regard vide, elles nageaient dans l’océan de leurs pensées, transportées probablement par les vagues des vieux souvenirs. Je sentais qu’elles n’étaient pas à côté. « Les pauvres ; elles pensent sûrement à leur famille », me suis-je dit. Au moins, elles ont accepté de me recevoir. Mais j’avoue que discuter avec ces mamans n’a pas été simple. Je pouvais imaginer leur peine, seules, abandonnées.
« Nos petits-enfants nous manquent… »
J’ai voulu savoir comment ces femmes se sont retrouvées dans ce centre, loin de chez elles. Elles m’ont alors confié que c’est le résultat de malentendus, du manque d’entente et de compréhension entre les humains. Heureusement, au centre Delwendé, elles ont un toit et de quoi manger. Elles ne manquent de rien, à les en croire. Elles sont réconfortées d’avoir des gens qui s’occupent d’elles. Les vieilles sont unanimes sur leur traitement dans ce lieu : « On prend soin de nous sur tous les plans ; tout se passe bien. » Mais de la même manière, elles ont un autre avis en commun. « C’est vrai que tout se passe bien ici, mais la vie au centre ne peut être la même qu’au village ; on est toujours mieux chez soi », confie une dame. « Nos enfants et nos petits-enfants nous manquent. », ajoute une autre, d’une voix nostalgique. Une autre explique que leurs enfants viennent leur rendre visite de temps en temps. C’est agréable certes, mais ça le serait davantage si ces femmes regagnaient leurs familles respectives.
Ces mamans ont saisi l’occasion pour lancer un cri de cœur. C’est vrai qu’elles sont bien prises en charge, mais elles souhaitent que de bonnes volontés soutiennent le Centre. Aussi tournent-elles le regard vers les autorités compétentes, dans l’espoir que celles-ci les aident à retourner chez elles.
A suivre…

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